Une pure merveille. Un petit bijou de la littérature. C'est le genre de livre que je rêverai d'écrire: mon dieu, si un jour j'arrive à procurer à quelqu'un la sensation que me procure ce livre, j'aurais réussi ma vie. Malheureusement, j'en suis bien loin du compte. Parce que Carlos Ruiz Zafon a une plume terrible: les images sont évocatrices, les mots surpuissants. Lorsqu'on tourne les pages de ce livre, ce n'est pas simplement une histoire qu'on lit, mais une histoire qu'on vit. Il y a les sentiments qui nous prennent, les voix qui résonnent, des parfums qui embaument l'air, des visions fugaces qui nous apparaissent et disparaissent: on est avec Daniel et telles des ombres à son passage, on parcourt les rues mystérieuses de la Barcelone des années 40. Le style n'est jamais superflu et les mots traduits par François Maspero semblent avoir gardé toute leur saveur initiale.
Quant au contenu, cette fresque proposé par le Catalan est tout simplement une ode à la littérature dans ce qu'elle est de plus profond, avec cette question qui se glisse entre les pages: un livre peut-il réellement changer votre vie? Cela peut sembler idiot comme question, mais étant une amoureuse des livres, j'en suis persuadée. Et qu'est-ce que je donnerai pas pour pouvoir poser mes pieds dans ce fameux Cimetière des Livres Oubliés imaginé par Záfon! Déambuler dans les rayons d'auteurs maudits, inconnus, oubliés, trouver le livre qui vous a toujours appartenu... Une deuxième Dame à laquelle l'auteur rend hommage dans ce livre, c'est Barcelone. La ville est sublimée par les mots, ses descriptions sont juste magnifiques. Je n'ai jamais eu un faible pour tout ce qui était description (avant cela, je les lisais souvent en diagonale), ce qui me semblait être des mots commerciaux, qui étaient là pour remplir inutilement les pages ou pour satisfaire l'orgueil de l'auteur qui n'arrivait plus à écrire... Or avec l'Ombre du vent, les descriptions n'étaient plus de simples longs textes ennuyeux: la ville y devient un personnage à part entière. Depuis, je ne lis plus simplement les descriptions de la même façon, que ce soit celle de Záfon ou de tout autre auteur: on ne sait jamais sur quelle merveille on pourrait tomber...
Quant à la petite histoire de ce livre, elle est simple, mais elle me tient à coeur. J'ai toujours adoré tenir des blogs, écrire à des inconnus, avec l'espoir qu'un jour peut-être, ils soient touchés par ce que j'écris. L'idée de lire ce livre m'est venue lors d'un appel virtuel (maintenant, ce serait le fameux statut facebook: un livre/film à conseiller?). Un anonyme qui avait l'habitude de commenter à tout hasard mes articles m'avait cité ce livre avec la certitude que j'allais l'aimer. Je ne sais pas qui il ou elle est, mais je le/la remercie de m'avoir fait découvrir ce livre que je n'aurais peut-être jamais lu auparavant. Alors si le coeur vous en dit, allez-y, allez acheter cette petite merveille espagnole!
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